Fibroscopie : une expérience en demi-teinte

Douleurs, reflux, difficulté de déglutition, la fibroscopie est parfois la seule alternative pour aller voir la partie supérieure de notre tube digestif.

Un mercredi matin, l’air un peu fatigué, j’arrive à la clinique. Stressée, je l’étais par cet examen pas si anodin : la fibroscopie. Un nom un peu barbare pour cette petite caméra qui passe dans notre bouche puis dans notre gorge afin d’explorer notre tube digestif supérieur. Autrement dit l’œsophage, l’estomac et le duodénum. A peine assise sur le fauteuil, je tremblotais déjà à l’idée que l’on m’insère un tube dans le corps. Mais les douleurs chroniques, que j’ai au quotidien ne m’ont pas vraiment laissé le choix à l’idée de réaliser cet examen.

Chacun a sa part d’ego et moi le mien me disait de ne pas me dégonfler face au médecin qui préparait scrupuleusement son matériel tout en tentant vainement de détendre l’atmosphère. A côté de lui, une infirmière me glissait des mots qui formaient des phrases mais mon cerveau était incapable de les entendre.

Des souvenirs gravés

Puis vient le moment de l’examen. Avant même que j’ai eu le temps de dire ouf, le gastro-entérologue avait barbouillé ma gorge d’un gel anesthésiant visqueux. Tel une bouillie mal préparée, j’avale cette substance étrange qui est censée « endormir » ma gorge. Vient ensuite le moment d’insérer ce long tube muni d’une caméra et d’une lumière raccordé à son ordinateur afin de diffuser les images en live. Pas du tout l’impression d’être dans une série médicale.  Je vois la caméra se rapprocher de mon visage au ralenti avant que ma gorge ne se transforme en théâtre de l’apocalypse.

Comment décrire cette sensation ? Un mélange entre un haut le cœur et une sensation d’étouffement. La pauvre infirmière qui me tenait la main a eu la sienne broyée tellement je l’ai serrée fort. Bien sûr, il ne faut pas bouger alors que tout mon corps se débattait comme un réflexe naturel. Le gastro-entérologue levait les yeux au ciel de désespoir, l’infirmière me tenait et moi je priais juste pour que ça s’arrête. Chaque personne a sa sensibilité et sa manière de réagir mais le manque de tact de certaines personnes, l’impression d’être juste un corps dénué de sensation m’ont mis dans un état de grande vulnérabilité.

Bien sûr, aux vues de la tournure des évènements, le médecin n’a pas pu aller au bout de l’examen. Mais il était bien sûr hors de question de refaire une fibroscopie dans les mêmes conditions. J’ai donc choisi de prendre l’option anesthésie générale. Comme ça, on est dans les bras de morphée quand la caméra fait son apparition et au réveil c’est finito.

Encore une fois, chaque personne est différente mais pouvoir choisir avec toutes ses informations en tête peut avoir un côté rassurant le jour de l’examen.

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